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« Numérique et numérisation, quelle mondialisation pour les littératures poétiques ? »
Résumé en français
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Résumé en anglais

Cet article se propose d’interroger la numérisation comme vecteur possible de mondialisation des littératures. Nous entendons par numérisation l’ensemble des processus de transfert et de création qui déplacent un texte de son support matériel vers un environnement numérique. Cette notion ne se limite pas à la simple reproduction : elle recouvre aussi bien la constitution de corpus patrimoniaux numérisés que les recréations nativement numériques ou encore les formes de littératures augmentées. Notre analyse s’appuie principalement sur des exemples empruntés au champ poétique, particulièrement concerné par ces expérimentations et par la diversité des supports numériques. À travers la confrontation de deux ensembles distincts, les bibliothèques numériques institutionnelles et la poésie sociale-médiatique notamment l’instapoésie, nous mettons en évidence les tensions propres à la diffusion numérique des textes : multiplication des accès mais rareté des conditions effectives de circulation, visibilité locale renforcée mais circulation transnationale limitée, potentialité universelle mais asymétries persistantes. La numérisation apparaît ainsi moins comme une garantie de mondialisation poétique que comme un terrain de recomposition fragmentée où la découvrabilité est un enjeu majeur.

This article aims to examine digitisation as a possible vector for the globalisation of literature. By digitisation, we mean all the processes of transfer and creation that move a text from its physical medium to a digital environment. This concept is not limited to simple reproduction: it also covers the creation of digitised heritage collections, natively digital recreations, and augmented forms of literature. Our analysis is based mainly on examples taken from the field of poetry, which is particularly concerned with these experiments and the diversity of digital media. By comparing two distinct sets, institutional digital libraries and social media poetry, particularly Instapoetry, we highlight the tensions inherent in the digital dissemination of texts: increased access but scarce effective conditions for circulation, enhanced local visibility but limited transnational circulation, universal potential but persistent asymmetries. Digitisation thus appears less as a guarantee of poetic globalisation than as a fragmented terrain of recomposition where discoverability is a major issue.

ARTICLE

Associé à Internet et aux technologies de la communication, le numérique porte la marque du mondial, tout du moins celle d’une ambition mondiale corrélée à celle de l’interconnexion. Il serait tentant, en effet, de supposer que la circulation des textes littéraires n’aura jamais été plus facilitée qu’à l’ère du numérique. Pourtant, si les données s’échangent simplement et rapidement tout en négligeant les distances géographiques, leur circulation effective n’est pas pour autant garantie. La profusion de contenus, la multiplicité des supports ainsi que les inégalités d’accès et de visibilité produisent au contraire un effet paradoxal : le numérique multiplie les points d’accès mais raréfie les conditions favorables à la réception des textes. C’est ainsi l’équivalent de plusieurs milliards de bibliothèques [1] qui constituent le fond de données numériques au sein duquel les textes littéraires forment une partie qu’il est difficile de distinguer du tout. Si le numérique présuppose une forme de simplification, le partout et le tout-le-temps, cette dernière ne suffirait à démontrer la mondialisation de ses contenus, tant ils dépendent de facteurs aussi variés que l’accès à l’énergie (par corrélation aux équipements informatiques qui en dépendent), à la formation et aux usages qui différencient l’accès à l’information.

Le terme « numérique » est central dans les discours contemporains, sans toutefois se laisser contenir dans une définition univoque. Comme l’a souligné Didier Dubasque, numérique désigne « un vaste tout qui englobe indistinctement les outils, les contenus et les usages » (Dubasque, 2019). Le numérique doit dès lors être appréhendé non comme un simple médium technique, mais comme un champ culturel à part entière, comparable dans ses effets à la révolution de l’imprimerie (Cardon, 2019). Il reconfigure à la fois les modes de production, de diffusion et de réception du savoir, et appelle à penser ses usages dans leur hétérogénéité (Devars & Taïeb, 2024) :

Partant de cet effort constant de négociation et de composition, la « culture numérique » ne saurait se réduire à un ensemble invariant de règles et de procédures sédimentées auxquelles chacun devrait souscrire. Elle s’inscrit au contraire dans le champ des possibles offert par les contextes différenciés qui lui donnent corps, par la diversité des­­­­ enjeux qu’elle soulève, par le tissu des relations et des modes d’appropriations pluriels dont elle fait l’objet et qui mettent en déroute le pouvoir de prescription et de proscription des idéologies techniciennes. (Devars & Taïeb, 2024)

Comme le remarquent Devars & Taïeb, le numérique souffre de son hétérogénéité et il convient d’abord de préciser quelques distinctions sémantiques. Par numérique, nous entendrons l’ensemble des environnements techniques et culturels qui permettent la production, la diffusion et la réception des textes en ligne. La numérisation désigne, plus spécifiquement, le processus de transfert d’un texte dans un format numérique, que ce soit par reproduction (archivage), par adaptation (édition électronique), ou par création nativement numérique. Enfin, nous distinguerons accessibilité (mise en ligne et conditions d’accès potentielles) et circulation (processus par lequel une œuvre franchit ses propres frontières linguistiques, culturelles ou institutionnelles, pour acquérir une portée mondiale). Le numérique, en favorisant la possibilité d’un lectorat universel, semble alors répondre à la promesse d’une littérature mondiale au sens de David Damrosch :

World literature is not an infinite, ungraspable canon of works but rather a mode of circulation and of reading, a mode that is as applicable to individual works as to bodies of material, available for reading established classics and new discoveries alike. (Damrosch, 2003, p. 5)

La littérature mondiale n’est pas un canon infini et insaisissable d’œuvres, mais un mode de circulation et de lecture, applicable aussi bien aux œuvres individuelles qu’aux ensembles de textes, et permettant de lire aussi bien les classiques établis que les découvertes nouvelles. (Notre traduction)

Cette promesse ne saurait pourtant s’affranchir des rapports hiérarchiques et de la stratification des bibliothèques numériques mondiales qui demeurent traversées par une forte asymétrie et des logiques centre/périphérie, comme le souligne Pascale Casanova (Casanova, 1999). Le numérique s’inscrit dans cette tension : il promet un lectorat universel, mais reconduit des logiques de hiérarchisation et d’exclusion. Aussi, la perspective du distant reading permet d’envisager le numérique poétique à l’échelle d’ensembles plus vastes, en déplaçant l’analyse des textes singuliers vers les formes, les dispositifs et les thématiques qui structurent l’environnement techno-poétique :

Distant reading: where distance, let me repeat it, is a condition of knowledge: it allows you to focus on units that are much smaller or much larger than the text: devices, themes, tropes - or genres and systems. (Moretti, 2000, p. 48-49)

La lecture distante : où la distance, je le répète, est une condition de la connaissance, permet de se concentrer sur des ensembles bien plus restreints ou bien plus vastes que le texte lui-même : outils, thèmes, tropes - ou encore genres et systèmes. (Notre traduction)

L’environnement numérique pourrait ainsi constituer une étape supplémentaire dans la mondialisation des textes littéraires, c’est-à-dire dans le processus qui tend à favoriser leur circulation au-delà de leurs frontières linguistiques et culturelles originelles. Notre travail entend alors questionner les effets de la numérisation sur l’accessibilité et la circulation effective des textes littéraires, et plus précisément le paradoxe qui semble propre au numérique : comment un environnement numérique qui facilite la diffusion littéraire contribue-t-il simultanément à limiter sa circulation mondiale ? Afin d’examiner cette question, nous nous concentrerons sur le champ poétique, historiquement lié aux expérimentations numériques, et particulièrement adapté aux formats fragmentaires et instantanés valorisés en ligne. Notre corpus sera composé de deux bibliothèques numériques institutionnelles européennes : Gallica, plateforme des fonds numérisés de la BNF à vocation patrimoniale et la Scottish Poetry Library, site web anthologique qui met en valeur la production poétique écossaise. Nous nous intéresserons également à deux projets qui mettent en valeur des textes extra-occidentaux : l’African Poetry Digital Portal et la National Digital Library of India. Ces quatre objets rassemblent des textes préexistants. Nous nous appuierons également sur des créations originales en contexte numérique, en particulier celles issues de deux comptes d’instapoétesses : celui d’Hayley Grace, poétesse américaine et celui de Marion Fritsch, compte en langue française, dont l’influence médiatique est comparable au premier [2] . Ces autrices ont toutes les deux utilisé le réseau social à des fins de créations poétiques et publié par ailleurs des volumes imprimés de leurs créations. Ce corpus hybride mobilise ainsi l’anglais, central dans la poésie en ligne, et le français davantage en périphérie [3] dans le cadre du numérique poétique. Sans prétendre à l’exhaustivité, il permet de représenter la pluralité des formes et des sources poétiques en contexte numérique. L’articulation de contenus institutionnels et de contenus sociomédiatiques permettra de comparer deux modalités distinctes de diffusion et d’appropriation de la poésie en ligne, et de mesurer son inscription dans les dynamiques de mondialisation des littératures.

Nous examinerons d’abord la question croisée de la découvrabilité et de la forme de la poésie en contexte numérique au regard des logiques de visibilité propres aux bibliothèques numériques institutionnelles et à la poésie sociale-médiatique. Nous interrogerons ensuite la manière dont ces dispositifs de diffusion contribuent à reconduire une mondialisation asymétrique, caractérisée par une circulation partielle et hiérarchisée des textes poétiques.

 

Circulation et découvrabilité du texte poétique en contexte numérique

Il convient de questionner initialement la notion de circulation du texte poétique en contexte numérique, elle ne saurait s’entendre sans l’idée de découvrabilité appliquée à ce même contexte. La circulation s’entend à la fois comme effective et théorique, elle renvoie à la possibilité qu’un texte a d’être lu et diffusé en contexte numérique. La découvrabilité renvoie aux possibilités réelles d’accéder à un texte, autrement dit de le « découvrir » dans un environnement donné. Afin d’examiner ces deux aspects, nous nous appuierons sur la typologie des discours numérique proposée par Marie-Anne Paveau (2017) qui distingue trois ensembles : numérisé, numérique et numériqué. Les contenus numérisés sont issus du processus qui déplace le contenu d’un support physique vers un support immatériel. Elle écrit :

Un document numérisé est le produit d’un portage dans un environnement numérique. À partir d’une version imprimée, il est entré dans un logiciel […] ou scanné […]. Il est mis en ligne ou non. (Paveau, 2015)

Nous appliquerons volontiers cette définition aux textes poétiques présents sur Gallica et sur le site de la Scottish Poetry Library (SPL). Ces deux sites web rassemblent des textes préexistants, dont le contenu a été transféré depuis un support matériel vers un environnement numérique. Gallica, en 2024, donne accès à près de dix millions de documents, dont un sous-ensemble substantiel consacré à la poésie. On y trouve par exemple les recueils de la poétesse française Amélie Murat (1884-1940), largement oubliée et dont les œuvres ne sont plus éditées. Leur présence dans Gallica rend théoriquement possible une redécouverte mondiale de cette poétesse. Pourtant, les données de consultation indiquent une diffusion restreinte. Si peu de statistiques existent à propos des consultations sur Gallica, on peut se fier aux chiffres fournis par Wikisource qui figure également parmi les premiers résultats quand on cherche à consulter en ligne des œuvres textuelles. Alors que Les Fleurs du mal de Baudelaire rassemble près de 70 000 vues annuelles [4] sur Wikisource, les recueils d’Amélie Murat n’excèdent pas quelques dizaines de consultations mensuelles. La présence du texte sur ces plateformes numériques rend ainsi théoriquement possible la redécouverte de poètes oubliés comme Amélie Murat. Toutefois, contrairement à Baudelaire, dont la notoriété et les multiples traductions favorisent une circulation mondiale, ses textes restent peu visibles et peu consultés. L’exemple suggère ainsi que l’accès numérique ne garantit pas la diffusion, qui continue de dépendre d’autres facteurs comme la traduction.

Ajoutons que la poésie semble bénéficier d’une meilleure visibilité dans cet environnement contrairement aux autres genres. Consulter un ouvrage intégral sur Gallica implique un certain inconfort dans la lecture, avec une interface utilisateur qui privilégie les outils, et donc la recherche, plutôt que la lecture loisir. Toutefois, la nature fragmentaire d’une majorité d’œuvres poétiques, notamment le format recueil, permet au lecteur de découvrir par extraits une œuvre ou un poète sans nécessairement lire l’ouvrage dans son intégralité.

 

Figure 1 : Amélie Murat, « Inscription », in Bucoliques d’été, Gallica, [En ligne]. URL : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9735006c/f1.texteImage, consulté le 1er août 2025.

 

La place centrale est ici donnée au texte numérisé qui apparaît dans un format proche de celui de la liseuse. S’agissant d’un outil destiné à l’étude des textes, une place importante est également accordée à une gamme d’outils destinée à la recherche notice (bibliographique, transcription, exports) et à la navigation dans le texte.

La Scottish Poetry Library illustre une  logique différente de Gallica dont la vocation est encyclopédique et généraliste. La SPL constitue davantage une bibliothèque spécialisée qui promeut la poésie écossaise. Ce choix d’un corpus borné permet une meilleure visibilité des œuvres mises en ligne mais restreint dans le même temps leur diffusion : les textes sont presque exclusivement en anglais, en gaélique et en scot, et leur réception demeure largement limitée à l’espace linguistique anglo-saxon. Le cas de la Scottish Poetry Library montre ainsi que la spécialisation favorise la découvrabilité[5] à l’échelle locale ou nationale sans pour autant garantir la circulation transnationale.

 

Figure 2 : Hugh MacDiarmid, « Scotland small ? », Site web de Scottish poetry library, [En ligne]. URL : https://www.scottishpoetrylibrary.org.uk/poem/scotland-small/, consulté le 1er août 2025.

 

L’interface est ici pensée pour un utilisateur lecteur et favorise un usage non-initié. L’esthétique minimaliste permet une mise en valeur du poème qui apparaît davantage comme un objet artistique que comme un objet d’étude.

Ces deux espaces numériques, bien que concentrant chacun à leur manière des ensembles de textes poétiques, favorisent l’accès à l’œuvre mais les conditions effectives de circulation sont profondément différentes. Diluées dans de vastes collections, les productions poétiques sur Gallica sont accessibles mais peu découvrables. Elles prennent place au centre d’un travail d’archivage qui, par son ambition, contraint fortement la valorisation du contenu au profit de sa conservation. À l’inverse, la Scottish Poetry Library privilégie une logique de spécialisation et de médiation éditoriale, qui renforce la visibilité des textes mais restreint leur circulation internationale. Dans les deux cas, le numérique, loin de réaliser pleinement sa promesse de mondialisation, reconduit une circulation fragmentée des œuvres poétiques. En dépit de ses limites, la poésie numérisée constitue une étape supplémentaire dans la circulation des textes. Des textes ainsi tombés dans l’oubli, voire invisibilisés, ou plus simplement des œuvres n’ayant jamais rencontré le succès dans leur contexte d’origine, deviennent alors accessibles et consultables dans le cadre d’un accès libre à Internet. Plus généralement, des textes qui dans leur support physique sont difficilement accessibles le deviennent beaucoup plus simplement. C’est notamment le cas de certains manuscrits originaux ou d’autres documents trop fragiles pour être consultés librement.

L’accès au texte, dans les deux exemples précédemment évoqués, reste limité par la question de la langue. Si l’ambition de la SPL (“Bringing people and poems together”) et celle de Gallica [5] est bien celle de mettre en valeur un patrimoine national exclusivement poétique pour l’une, et plus généralement archivistique pour l’autre, aucun des deux sites ne proposent la traduction directe des textes numérisés. La mondialisation des poésies française et écossaise, à travers ces collections numérisées, n’est donc pas à envisager par le prisme de la traduction. Il semble au contraire que la valorisation de la langue source soit un des enjeux de ces sites. On retrouve ainsi sur le site de la SPL de nombreux textes issus des langues locales de l’Écosse : outre l’anglais, le scot et le gaélique sont également bien représentés. Le poète national, Robert Burns, connu pour ses nombreux poèmes en langue scot, figure ainsi sur dès le premier menu de l’encart « Poetry ». De la même manière, Gallica ne propose pas pour ses collections de traductions automatiques. Les textes numérisés de la BNF sont également transcrits par OCR [6] mais ces transcriptions restent en langue source. Ces deux projets, s’ils permettent une circulation mondiale théorique des textes, favorisent davantage une mondialisation des communautés plutôt que des contenus. Ils permettent à des individus déjà initiés, locuteurs, chercheurs et passionnés, d’avoir accès à des textes au-delà de leur horizon culturel habituel, mais la rencontre fortuite avec un environnement poétique étranger, si elle est facilitée, n’est pas le premier objet de la numérisation dans ce contexte.

La question de la langue des textes numérisés dépend ici essentiellement des plateformes, outils, qui les mettent en ligne. Il convient alors de souligner que dans le cadre de la création poétique nativement numérique, et notamment en ce qui concerne l’instapoésie, des logiques techno-linguistiques différentes émergent. Nous ne parlons plus ici de textes numérisés, mais de textes numériqués dont Marie-Anne Paveau forge la définition suivante :

Un document numériqué est produit nativement en ligne, sur un site, un blog ou un réseau social, tout lieu numérique accueillant de la production de discours. (Paveau, 2015)

Nous étendrons cette première définition au texte poétique, en ajoutant que la poésie numériquée, plus encore que d’être produite nativement en ligne, ne peut s’échapper de cet environnement sans perte d’intégrité. L’instapoésie que nous évoquions précédemment constitue un exemple éclairant de cette sous-catégorie. Les textes partagés sur le réseau social dépendent d’une forme propre à ce même réseau, forme qui façonne le contenu lui-même, qui transcende le texte en mobilisant le multimédia et l’interaction.

L’exemple canonique de la canadienne Rupi Kaur, dont le succès mondial a consacré la naissance du genre, témoigne de ces formes nouvelles et transfrontalières qui marquent une nouvelle génération de poésie numérique. Nous faisons l’hypothèse d’un pas franchi dans la littérature électronique telle que la défini Léonardo Flores en 2019 :

I define electronic literature as a writing-centered art that engages the expressive potential of electronic and digital media. […] Therefore broader forms of communication, such as narrative, spoken and sign language, audio and video recordings of performances, purely visual comics, and video games are of less interest from this e-literary perspective because they are not using alphabetic or even asemic writing. An essential component needs to be the artistic engagement of written language in digital media. (Flores, 2019)

Je définis la littérature électronique comme un art fondé sur la création littéraire tout en exploitant le potentiel expressif des médias électroniques et numériques. […] Par conséquent, des formes de communication plus larges, telles que la narration, la langue parlée et la langue des signes, les enregistrements audio et vidéo de spectacles, les bandes dessinées purement visuelles et les jeux vidéo, présentent moins d'intérêt du point de vue de l'e-littérature, car elles n'utilisent pas l'écriture alphabétique ou même asémique. Une composante essentielle doit être l'engagement artistique de la langue écrite dans les médias numériques. (Notre traduction.)

Si la langue écrite reste au cœur de ces créations nouvelles, c’est davantage sur son intrication dans le système social-médiatique que s’appuie le poétique dans l’instapoésie. Cette intrication contribue à une autre forme de circulation des textes, intrinsèque au genre des réseaux-sociaux. Le compte d’Hayley Grace [7] témoigne de ce double enjeu de création et de circulation avec l’utilisation quasi-exclusive de courtes vidéos sous-titrées dans lesquelles l’autrice lit ses textes. Chaque utilisateur a la possibilité d’afficher une traduction sous-titrée automatique des textes déclamés. Outre la barrière de la langue, ici contournée, l’image et le son facilitent une large circulation. Ces procédés relèvent du choix des créateurs de contenus poétiques et on remarque que différentes approches coexistent au sein de la sphère instapoétique. Marion Fritsch [8] , poétesse de langue française, privilégie l’image à des fins de reproduction du livre en contexte socio-médiatique sur son compte unlivre_unehistoire.

 

Figure 3 : Marion Fritsch, « Garder sa lumière », Compte instagram unlivre_unehistoire_, [En ligne]. URL : https://www.instagram.com/unlivre_unehistoire_/, consulté le 16 août 2025.

 

L’exemple précédent ne mobilise pas les outils de traduction automatique, l’image ne pouvant être directement traduite par le réseau social à l’heure actuelle. Pour autant, la forme contribue également à la circulation du texte et rejoint les caractéristiques du fragment et de la brièveté qui semble former des critères distinctifs à la poésie en contexte numérique. On remarque ainsi que l’esthétique générale du fragment (post), développe un mimétisme avec le livre dont il est pourtant le format opposé. Le compte Instagram et son mur deviennent alors une mosaïque de pages dont on notera le soin apporté au grain, à la typographie, l’encre et la mise en page du texte. Seule la mention « Un livre / Une histoire » vient rappeler la nature fragmentaire, voire l’aphorisation de l’instapoème (Penke, 2024.), conçu comme une entité indépendante. Cette esthétique du livre-mosaïque, est largement répandu sur le réseau social et la recherche #instapoetry permet d’identifier plus de cinq millions [9] de posts qui mobilisent des esthétiques similaires. Ces deux aspects rendent les textes facilement partageables et les impliquent dans un régime de circulation propre aux réseaux sociaux : à la fois viral et éphémère.

Il apparaît alors que la promesse d’une mondialisation de la poésie en contexte numérique est différenciée par plusieurs modes de circulation : le premier encyclopédique et archivistique, il concerne les fonds numérisés comme Gallica ; un second davantage spécialisé et local à l’image du site de la Scottish Poetry Library ; enfin un régime de circulation sociomédiatique, qui reproduit les flux d’informations numériques, fondement de l’instapoésie. Ces tensions montrent que la mondialisation poétique par le numérique ne se traduit pas par une circulation universelle des œuvres, mais par une recomposition asymétrique où la découvrabilité demeure l’enjeu central dans un espace polarisé par des centres et des périphéries.

 

Asymétries et mondialisation partielle : centres et périphéries du numérique poétique

Si l’accès à Internet dans le monde tend à se généraliser [10] , l’observation des logiques de circulation des textes poétiques en ligne témoigne d’une mondialisation partielle : l’accessibilité ne se traduit pas mécaniquement par une circulation transnationale équilibrée. D’autre part, cet accès au numérique, s’il est théoriquement répandu, demeure conditionné à des enjeux politiques au sens large (restrictions d’accès, formations des publics à l’usage des outils numériques, logiques algorithmiques). Les hiérarchies décrites par Pascale Casanova (Casanova, 1999) trouvent ainsi une pertinence renouvelée dans le contexte numérique, où elles continuent d’informer le devenir des œuvres poétiques.

La langue anglaise apparaît comme la langue hégémonique sur Internet, représentant près de 50 % des contenus circulant en ligne en 2025 [11] . Remarquons aussi que les logiques de diffusion tendent toujours à créer un centre focalisé sur les contenus occidentaux. Il convient toutefois de relativiser cette hégémonie, car il n’existe à ce jour pas d’études fiables quant à la composition linguistique de la poésie en ligne. L’analyse des contenus connaissant le plus grand succès sociomédiatique nous permet toutefois d’appuyer l’hypothèse d’une reconduction partielle des hiérarchies au cœur de la mondialisation littéraire. L’exemple d’Instagram nous permet de comprendre une dynamique qui tend à mettre au centre l’anglais comme langue de la poésie numérique. Ainsi, si l’on compare les tendances et le nombre d’occurrences des hashtags par langue on obtient ainsi : #instapoesia 700 k, #instapoésie 270 k ou encore en langue russe #инстапоэзия 15 k [12] . Bien loin des plusieurs millions d’occurrences pour le terme instapoetry, notamment propulsé par les instapoètes vedettes : Rupi Kaur, Atticus, ou encore Nikita Gill, tous issus du monde anglophone. Rappelons que cette surreprésentation de l’anglais prend lieu dans un espace numérique contraint : celui du réseau social Instagram lui-même conçu par le monde anglophone. Rappelons également que la plateforme n’est pas accessible depuis la Russie et la Chine, deux bassins linguistiques et culturels qui totalisent près de 1,5 milliard d’individus. Ceci n’exclut pas pour autant la présence et le développement de pratiques similaires dans ces aires linguistiques comme en témoigne l’exemple de la poétesse chinoise Yu Xiuhua (Mariavale, 2024).

Comme le souligne Katherine Hayles, en contexte numérique le poème n’est plus un objet autonome, il devient un événement déterminé par les interactions entre données, logiciels et interface :

In digital media, the poem has a distributed existence spread among data files and commands, software that executes the commands, and hardware on which the software runs. These digital characteristics imply that the poem ceases to exist as a self-contained object and instead becomes a process, an event brought into existence when the program runs on the appropriate software loaded onto the right hardware. The poem is “eventilized,” made more an event and less a discrete, self-contained object with clear boundaries in space and time. (Hayles, 2008, p. 181).

Au sein des médias numériques, le poème a une existence distribuée, répartie entre des fichiers de données et de commandes, des logiciels qui exécutent ces commandes, et le matériel sur lequel ces logiciels fonctionnent. Ces caractéristiques numériques impliquent que le poème cesse d’exister comme un objet autonome et devient un processus, un événement qui prend forme lorsque le programme est exécuté sur le bon logiciel, lui-même chargé sur le matériel adéquat. Le poème est « événementialisé » : il devient davantage un événement qu’un objet distinct, autonome, dont les bornes seraient clairement définies dans l’espace et dans le temps. (Notre traduction.)

La circulation de la poésie sur les réseaux sociaux confirme cette dimension processuelle en l’inscrivant dans une forme « archipélique » que Glissant entend comme une forme de mondialité relationnelle, fondée sur l’articulation de fragments hétérogènes. Ces fragments, bien qu’ils soient reliés, ne sauraient se fondre dans un tout unifié (Glissant, 1990).  De manière analogue, la poésie en environnement numérique prend la forme d’un phénomène socio-médiatique : elle circule par îlots (communautés de lecteurs, hashtags, temporalités propres aux plateformes) dont la mise en relation relève autant de logiques techniques que d’usages sociaux. Sur Instagram, la réception du poème est toujours conditionnée par les usages et les temporalités variables de la plateforme : l’algorithme propose et c’est l’utilisateur qui consacre l’existence du poème par son interaction avec ce dernier. Le texte n’existe alors qu’à travers une dynamique sociotechnique instable. On peut ici rapprocher le diagnostic de Katherine Hayles aux propositions de Franco Moretti qui suggère que les circulations globales de la littérature doivent être saisies à l’échelle des formes et non seulement des textes singuliers (Moretti, 2000). Or, dans l’espace numérique, ce sont précisément des formats poétiques qui semblent se mondialiser (aphorisation, brièveté, multimodalité), et non les contenus eux-mêmes, qui demeurent fortement territorialisés par la langue et par l’ancrage géographique et culturel des communautés. Ces contenus exploitent des procédés de création multimédia qui mobilisent une dimension synesthésique de l’interaction tout en s’affranchissant de la barrière que représente le texte seul. Ils permettent ainsi une plus large accessibilité et tendent vers un ensemble poétique plus ou moins uniformisé. En effet, la mobilisation de l’image, du son, et de thématiques partagées, voire universelles, engendre une diffusion au-delà des frontières linguistiques quand la dématérialisation suppose un hypothétique franchissement des frontières géographiques.

Dans le cadre des textes numérisés, à côté de ces initiatives européennes citées plus tôt, quelques projets extra-occidentaux œuvrent pour élargir l’accès aux littératures régionales et tendent à confirmer l’idée d’une archipélisation de la poésie en ligne. Le African Poetry Digital Portal [13] , porté par l’Université du Nebraska, recense près de quatre cent poètes issus de plus de trente pays africains, en associant archives, vidéos et biographies. En Inde, la National Digital Library of India [14] (NDLI) rassemble près de cent millions de documents en plus de quatre cent langages dont trente-neuf langues indiennes [15] . Ces chiffres attestent de l’ampleur des initiatives régionales et de leur potentiel pour une circulation poétique multilingue. Toutefois, elles demeurent minorées dans l’écosystème global et parfois dépendantes d’institutions occidentales. Leur existence témoigne moins d’une véritable intégration dans un espace littéraire mondial que d’un ensemble de pôles régionaux, parfois puissants mais encore faiblement connectés entre eux.

Ajoutons qu’un retour aux circuits traditionnels de la diffusion de la poésie est souvent opéré dans le cadre des créations poétiques en ligne. Ce phénomène de reterritorialisation imprimée ne contredit par le statut numérique du poème mais témoigne d’une dynamique circulaire entre environnement numérique et processus éditorial traditionnel. L’édition imprimée de Milk and Honey de Rupi Kaur, traduite en quarante langues et vendue à près de 3,5 millions d’exemplaire, prouve la possibilité d’une large circulation du texte poétique issu de l’environnement numérique. Les recueils d’Hayley Grace, Save me an orange (2024) et Marion Fritsch, Les Fragments du cœur (2024) illustrent également cette diffusion circulaire des œuvres poétiques en ligne : engendrée par les réseaux sociaux, l’édition imprimée renforce à son tour la communauté numérique dans un cercle qui accroît la visibilité de l’œuvre en ligne.

La numérisation et la diffusion en ligne ne produisent pas une mondialisation homogène des littératures poétiques, mais encourage une circulation partielle des textes. Si l’accès technique est global, la circulation réelle demeure fragmentée, hiérarchisée et asymétrique, reconduisant la centralité de l’anglais. La poésie numérique et notamment les formes natives constituent alors des « évènements » dépendant de l’interface qui contribue à renforcer l’idée d’une mondialisation des formes. L’espace numérique configure donc une mondialisation en archipel, faite de pôles régionaux peu interconnectés.

 

La numérisation et la création nativement numériques transforment en profondeur les conditions de diffusion et de réception de la poésie. En permettant à des textes longtemps invisibilisés de devenir accessibles (Gallica, Scottish Poetry Library), en offrant de nouveaux régimes de circulation sociomédiatique (Instagram), ou encore en mettant à disposition des ressources régionales et mettent à disposition des ressources provenant de traditions poétiques souvent peu représentées dans les bibliothèques numériques internationales (National Digital Library of India et African Poetry Digital Portal), le numérique multiplie les points d’accès. Mais cette multiplication n’engendre pas nécessairement une mondialisation effective des littératures poétiques.

L’analyse du corpus mobilisé montre que l’accès global demeure conditionné par un certain nombre de filtres : d’une part les logiques de hiérarchisation linguistique et culturelle mises en évidence par Pascale Casanova (1999) ; d’autre part les contraintes techniques et algorithmiques des plateformes. Si le poème devient un « événement » dépendant de son environnement numérique (Hayles, 2008), il apparaît également que les formes relevant de la brièveté, de l’aphorisation et de la multimodalité (Penke, 2024) sont le support de cette poésie numérique mondiale davantage que le contenu du texte lui-même (Moretti, 2000). La mondialisation poétique en contexte numérique ne se fonde pas essentiellement sur les œuvres, mais plus spécifiquement sur la diffusion globale de formats esthétiques d’une part (brièveté des formes, mise en valeur de l’aspect « livresque ») et des thématiques d’autre part notamment celle du self-care (Mackay & Mackay, 2023).

Cette logique invite à considérer une mondialisation asymétrique. Le centre occidental anglophone conserve une place hégémonique, tandis que d’autres espaces linguistiques et culturels (francophonie, Afrique, Inde, …) ne circulent que dans des archipels fragmentés, faiblement connectés entre eux. La mondialisation poétique apparaît alors comme une mosaïque inégale de flux, où l’hégémonie anglophone coexiste avec des dynamiques locales de résistance et d’appropriation.

Ces contenus poético-numériques constituent en somme une vaste bibliothèque numérique en expansion. On peut toutefois évoquer, et nous proposerons cette piste conclusive, le développement des intelligences artificielles comme une solution prometteuse. Si cette bibliothèque mondiale numérique reste difficile d’accès et ne garantit pas la circulation mondiale des textes poétiques dans les conditions actuelles, les outils se fondant sur les principes de l’intelligence pourraient permettre de traiter de très vastes corpus et autres ensembles de données.  Ils pourraient permettre l’existence d’un bibliothécaire numérique ayant à sa portée l’ensemble des contenus disponibles en temps réel.

Bibliographie

  • BABIR Sémir et ROELENS Nathalie, Visible.  « L’hétérogénéité du visuel : intermédialité visuelle », Limoges, PULIM, 2008.

  • CASANOVA Pascale, La République mondiale des Lettres, Paris, Seuil, 1999.

  • CARDON Dominique, Culture numérique, Paris, Presses de Sciences Po, « Les petites humanités », 2019.

  • DAMROSCH David, What is World Literature ?, Princeton, Princeton University Press, 2003.

  • DESEILLIGNY Oriane et WRONA Adeline « Peut-on habiter en poète les dispositifs médiatiques ? », Communication & langages, 2020/1, no 203, p. 27-43. DOI : 10.3917/comla1.203.0027.

  • DEVARS Thierry et TAIEB Emmanuel, « Faire avec la « culture numérique » », Quaderni [En ligne], no 111, « Hiver 2023-2024 », 2024. URL : http://journals.openedition.org/quaderni/2888 ; DOI : https://doi.org/10.4000/11p61.

  • DUBASQUE Didier, « Chapitre 1. Qu’est-ce que le « numérique » ? Regards sur le champ lexical qui l’accompagne », Comprendre et maîtriser les excès de la société numérique, Rennes, Presses de l’EHESP, coll. Politiques et interventions sociales, 2019, p. 17-22. URL : https://shs-cairn-info.ezproxy.uca.fr/comprendre-et-maitriser-les-exces-de-la-societe–9782810906994-page-17?lang=fr.

  • FLORES, Leonardo, « Third Generation Electronic Literature », Electronic Book Review [En ligne], 2019. URL : https://electronicbookreview.com/publications/third-generation-electronic-literature/ ; DOI : https://doi.org/10.7273/axyj-3574.

  • GLISSANT Édouard, Poétique de la Relation, Paris, Gallimard, 1990.

  • HAYLES Katherine, « The Time of Digital Poetry: From Object to Event », in A. MORRIS & T. SWISS (dir.), New Media Poetics: Contexts, Technotexts, and Theories, Cambridge, MIT Press, 2008, p. 181-209.

  • MACKAY James & Polina, « Antecedents of Instapoetry: Considering the Commercial Short Form Aphorism Before and Beyond the Social Media Sphere », European journal of American studies [En ligne], 18-2 | 2023, URL : http://journals.openedition.org/ejas/20084; DOI: https://doi.org/10.4000/ejas.20084

  • MARIAVALE Axelle, « Le phénomène Yu Xiuhua 余秀华 », Impressions d’Extrême-Orient [En ligne], 17 | 2024, URL : http://journals.openedition.org/ideo/3732 ; DOI : https://doi.org/10.4000/137u3.

  • MORETTI Franco, « Conjectures on World Literature », New Left Review, 1, p. 54–68, 2000.

  • PAVEAU, Marie-Anne, « Ce qui s’écrit dans les univers numériques », Itinéraires [En ligne], 2014-1 | 2015, URL : http://journals.openedition.org/itineraires/2313 ; DOI : https://doi.org/10.4000/itineraires.2313.

  • PENKE Niels, Instapoetry : Digital Image Texts,  Palgrave Macmilla, 2024.

Notes

  • [1]

    L’office parlementaire d’évaluation des risques scientifiques et technologiques estime à 181 zettaoctets la quantité de données présente en ligne en 2025. À titre d’exemple, un roman de cinq-cents pages au format numérique représente environ 1 Megaoctet. La quantité de données du web représenterait près de 13 milliards de fois le fond complet de la BNF. Voir : « Note n°36 », Les notes scientifiques de l’Office, janvier 2023. [En ligne] URL : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/rapports/ots/l16b0768_rapport-information.pdf?v=1675937270.

  • [2]

    En août 2025, on dénombre 449k d’abonnés pour Marion Fritsch et 631k pour Hayley Grace.

  • [3]

    D’après le rapport de l’Office International de la Francophonie (OIF) La langue française dans le monde 2019-2022, le français apparaît comme la 4e langue en terme de présence numérique, l’anglais étant hégémonique. [En ligne] URL : https://www.francophonie.org/sites/default/files/2023-03/Rapport-La-langue-francaise-dans-le-monde_VF-2022.pdf (Consulté le 1er août 2025)

  • [4]

    Tous les chiffres de consultation communiqués dans cet article ont été mesurés en août 2025 à l’aide des outils mis à disposition par les plateformes elles-mêmes.

  • [5]

    Nous empruntons le terme à l’Observatoire de la culture et des communications du Québec dont il donne la définition suivante : « La découvrabilité est la capacité d’un contenu culturel de se laisser découvrir aisément par le consommateur qui le recherche et de se faire proposer au consommateur qui n’en connaissait pas l’existence. », État des lieux sur les métadonnées relatives aux contenus culturels, Québec, Institut de la statistique du Québec, Observatoire de la culture et des communications du Québec, [En ligne]. URL : www.stat.gouv.qc.ca/observatoire. (Consulté le 3 août 2025).

  • [6]

    On peut lire sur la page d’accueil de Gallica que le site « offre un accès libre et gratuit à plusieurs millions de documents numérisés de toutes époques et de tous supports.», Gallica, [En ligne]. URL : https://gallica.bnf.fr/accueil/fr/html/accueil-fr (consulté le 1er août 2025).

  • [7]

    La reconnaissance optique de caractères (Optical Character Recongition : OCR).

  • [8]

    URL : https://www.instagram.com/hayleygracepoetry/- (Consulté le 1er août 2025.)

  • [9]

    URL : https://www.instagram.com/unlivre_unehistoire_/ (Consulté le 1er août 2025).

  • [10]

    Nous mesurons ce chiffre en août 2025.

  • [11]

    D’après l’Union internationale des télécommunications (UIT), près de 70 % de la population mondiale disposent d’un accès à Internet en 2025. Measuring digital development Facts and Figures: Focus on Landlocked Developing Countries, ITUPublications, 2025. [En ligne] URL : https://www.itu.int/en/ITU-D/Statistics/Pages/facts/default.aspx (Consulté le 1er août 2025)

  • [12]

    49,2 % d’après W3Techs en 2025. Données consultables en ligne. URL : https://w3techs.com/technologies/overview/content_language.

  • [13]

    Nous mesurons ces chiffres en août 2025.

  • [14]

    African Poetry Digital Portal, [En ligne], URL : https://africanpoetics.unl.edu (Consulté le 1er août 2025).

  • [15]

    National Digital Library of India, [En ligne], URL : https://project.ndl.gov.in  (Consulté le 1er août 2025).

  • [16]

    Rapport de présentation de la NDLI, [En ligne], URL : https://project.ndl.gov.in/wp-content/uploads/2023/03/NDLI-FOR_ALL_NEW_V2.pptx%20 (Consulté le 20 août 2025).

Pour citer cet article

Paolo Dias Fernandes, « Numérique et numérisation, quelle mondialisation pour les littératures poétiques ? », dans Yvan Daniel et Gaëlle Loisel (éd.), Littératures et mondialisation. Actes du 44e congrès de la SFLGC, 2026 [en ligne], URL : https://sflgc.org/acte/dias-fernandes-paolo-numerique-et-numerisation-quelle-mondialisation-pour-les-litteratures-poetiques/, page consultée le 12 Juillet 2026.

Biographie de l'auteur

DIAS FERNANDES, Paolo

Paolo Dias Fernandes est doctorant au sein du CELIS (UR 4280), à l’Université Clermont Auvergne. Il prépare une thèse en littérature générale et comparée (dir. Yvan Daniel), qui entend questionner les notions de paysage et d’habité au prisme des représentations poétiques et numériques du territoire.