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Femmes médiatrices entre la France et l’Autriche : circulation, transferts et réseaux
L’histoire des relations entre la France et l’Autriche a longtemps été envisagée par le prisme des relations diplomatiques, des conflits, des alliances dynastiques ou des circulations artistiques et intellectuelles. Ces approches, souvent centrées sur les institutions ou sur les grandes figures masculines, ont laissé dans l’ombre le rôle joué par les femmes dans la construction, la diffusion et la transformation des échanges entre les deux espaces.
Depuis une trentaine d’années, les renouvellements historiographiques issus de l’histoire des femmes et du genre, de l’histoire transnationale, de l’histoire connectée, des transferts culturels et de la médiation culturelle, invitent à déplacer le regard. Les médiations ne sont plus pensées comme de simples canaux de diffusion, mais comme des processus complexes de sélection, d’appropriation, de traduction, de négociation et de réinterprétation des savoirs, des pratiques et des représentations.
Cette perspective trouve un écho particulier dans les recherches en histoire du genre, qui ont profondément renouvelé l’étude des circulations culturelles. Les travaux récents ont montré que les femmes ne furent pas de simples vecteurs passifs des échanges, mais de véritables intermédiaires culturelles, capables de mettre en relation des institutions, des réseaux sociaux, des traditions savantes, des pratiques artistiques ou des espaces politiques. Dans cette dynamique, les femmes apparaissent comme des médiatrices privilégiées, non seulement parce qu’elles occupent souvent des espaces intermédiaires entre sphères privées et publiques, mais aussi parce qu’elles mobilisent des formes particulières de sociabilité, de mobilité et de communication. Les correspondances, les salons, les académies, les réseaux confessionnels, les maisons princières, les institutions éducatives, les milieux artistiques ou scientifiques constituent autant de lieux où s’élaborent des échanges dont les femmes sont parfois les principales animatrices.
Le cas franco-autrichien constitue un laboratoire particulièrement fertile pour l’étude de ces phénomènes. Depuis les alliances dynastiques du XVIIIe siècle jusqu’aux coopérations européennes actuelles, les circulations entre les deux espaces ont favorisé l’émergence de figures féminines dont les trajectoires invitent à repenser les frontières politiques, culturelles et linguistiques. Les princesses, aristocrates, salonnières, traductrices, musiciennes, artistes, scientifiques, journalistes, éditrices, enseignantes, diplomates, religieuses, exilées ou migrantes ont participé à des formes multiples de médiation dont les effets dépassent largement les cadres nationaux. Les travaux consacrés à l’espace habsbourgeois, notamment ceux de Brigitte Mazohl et de Waltraud Heindl, ont mis en lumière la diversité des formes d’engagement féminin dans les sphères politiques, culturelles et sociales de la monarchie des Habsbourg. Croisées avec les recherches sur le contexte français, ces approches offrent de nouvelles perspectives pour comprendre les multiples formes de médiation féminines entre la France et l’Autriche.
Le colloque souhaite contribuer à une histoire genrée des circulations franco-autrichiennes en articulant plusieurs niveaux d’analyse : les biographies individuelles, les réseaux sociaux et intellectuels, les institutions, les espaces de circulation et les objets culturels. Il entend également interroger les notions mêmes de médiation, d’intermédiation, de transfert, de traduction culturelle et d’agentivité dans une perspective comparée et interdisciplinaire. L’objectif est de mettre en lumière des actrices souvent marginalisées dans les récits historiques, tout en questionnant les mécanismes sociaux, politiques, culturels et symboliques qui rendent possibles les échanges entre les deux pays.
Les propositions pourront mobiliser des approches micro-historiques, prosopographiques, biographiques, comparatives ou connectées, ainsi que les outils des humanités numériques permettant de cartographier les réseaux de sociabilité, les correspondances et les circulations des personnes, des objets et des savoirs.
Elles pourront s’inscrire dans l’un ou plusieurs des axes suivants :
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Femmes et diplomatie : médiations officielles et informelles
Loin de se limiter aux fonctions diplomatiques institutionnelles, les relations internationales reposent également sur une multitude d’intermédiaires. Cet axe invite à réfléchir au rôle des souveraines, princesses, épouses d’ambassadeurs, dames de cour, correspondantes ou intermédiaires dans les négociations, les alliances et les échanges politiques.
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Circulations culturelles et transfert de savoir
Les communications pourront porter sur les femmes qui ont participé à la diffusion des savoirs, des langues, des pratiques éducatives, des modèles artistiques et des innovations scientifiques entre la France et l’Autriche : traductrices, éditrices, enseignantes, musiciennes, artistes, scientifiques, bibliothécaires ou collectionneuses.
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Réseaux féminins et sociabilités transnationales
Cet axe s’intéressera aux salons, académies, associations, cercles intellectuels, organisations philanthropiques ou féministes qui ont constitué des espaces privilégiés de rencontres et d’échanges entre les deux pays.
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Mobilités, voyages, exils
Les mobilités constituent des vecteurs essentiels des transferts culturels. Les propositions pourront analyser les parcours de voyageuses, migrantes, exilées, étudiantes ou professionnelles ayant construit des passerelles entre les espaces français et autrichien.
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Arts, littérature, patrimoine
Les femmes ont largement contribué à la circulation des œuvres et des modèles esthétiques. Les communications pourront porter sur la création artistique, la traduction littéraire, les arts du spectacle, le mécénat, les collections, les musées ou les politiques patrimoniales.
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Engagements politiques et sociaux
Les médiations féminines s’expriment également dans les domaines de la réforme sociale, du pacifisme, des féminismes, de l’humanitaire, de la coopération scientifique ou culturelle et de la construction européenne.
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Biographies, prosopographies, méthodologies
Les approches biographiques, les études de réseaux, les analyses prosopographiques ainsi que les réflexions méthodologiques sur les sources et les archives des femmes médiatrices seront particulièrement bienvenues.
Les langues de communication sont le français ou l’allemand.
Modalités de soumission
Les propositions de communication devront comprendre :
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Un titre ;
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Un résumé (2000 mots maximum) présentant la problématique, les sources et les résultats attendus ;
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Une courte notice bio-bibliographique (800 mots maximum) précisant l’affiliation institutionnelle et les principaux travaux.
Les propositions sont à envoyer à Anne-Sophie Gomez (A-Sophie.Gomez@uca.fr), Marc Lacheny (Marc.Lacheny@univ-lorraine.fr) et Fanny Platelle (Fanny.Platelle@uca.fr) sous la forme d’un seul pdf nommé Femmes_médiatrices_nom_prénom_2027.
Calendrier
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Date limite de soumission : 31 octobre 2026
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Notification aux auteurs et autrices : 15 décembre 2027
Une publication dans un ouvrage collectif ou un numéro thématique d’une revue à comité de lecture est prévue.



