appel

COLLOQUE Figures féminines et pratiques du littéraire hors du canon (Italie, XVIIe-XXe siècle)
: 12/09/2026
: Lyon, Maison des Sciences de l'Homme Lyon - Saint-Etienne
: Malo Maleszka (IHRIM) et Sidonie Pinero (CESR)
: malo.maleszka@univ-lyon2.fr
: IHRIM (UMR 5317)
ENS de Lyon
15 parvis René Descartes
BP 7000 69342 Lyon Cedex 07
FRANCE
: https://ihrim.ens-lyon.fr/

Appel à communications


Colloque


Figures féminines et pratiques du littéraire hors du canon (Italie, XVIIe-XXe siècle)

Maison des Sciences de l’Homme Lyon – St-Étienne


6 et 7 avril 2027


Ce colloque propose d’étudier des figures féminines dont l’autorité symbolique ne passe pas prioritairement par l’écriture mais par des formes de présence sociale, de médiation culturelle, de performance et de circulation transnationale, et qui participent néanmoins à la production, à l’activation et à la transmission du « littéraire ».

 

Argumentaire

Longtemps pensée à partir du texte écrit, du canon et de la figure de l’auteur, la notion de « champ littéraire » a été progressivement élargie, notamment par les études comparatistes, à des formes de production, de médiation et de circulation du sens qui excèdent l’œuvre publiée. Dans cette perspective, les figures féminines, souvent exclues des institutions de l’auctorialité, constituent un observatoire privilégié afin d’interroger les conditions historiques, sociales et symboliques de l’accès au littéraire.

Ce colloque se propose d’examiner, du XVIIe au XXe siècle, les modalités par lesquelles des femmes italiennes ou résidant dans la péninsule italienne participent à la production du littéraire sans nécessairement passer par les formes canoniques de l’écriture destinée à la publication. Il s’agira toutefois de ne pas isoler ces pratiques de leurs conditions concrètes d’émergence : une attention particulière sera accordée aux structures de formation, de circulation et de reconnaissance qui les rendent possibles. Seront considérés autant les cadres institutionnels que les initiations informelles, ainsi que les modalités d’accès à une légitimité officielle – même partielle ou indirecte – dans les espaces culturels qui leur sont contemporains.

Dans cette perspective, les usages – parfois complémentaires – relevant de la sociabilité diplomatique (ambassadrices, épouses de diplomates, femmes d’État) de la performance scénique (chanteuses, comédiennes, danseuses) ou de la réception critique (journalistes, éditrices, traductrices) invitent à penser le littéraire comme un champ de relations et de transferts, plutôt que comme un corpus stabilisé. Il conviendra ainsi d’en historiciser les formes, en tenant compte des dispositifs matériels, institutionnels et relationnels qui en conditionnent la reconnaissance.

En croisant les approches critiques de la littérature comparée, de l’histoire culturelle, des études de genre, décoloniales et queer, et des performance studies, le colloque entend mettre en lumière la diversité des modes d’accession au littéraire et interroger les frontières du littéraire en tant que catégorie historiquement construite. Il s’agira ainsi de réfléchir aux conditions de visibilité et de légitimation de ces pratiques féminines, tout en analysant les tensions qui les traversent : entre oralité et écriture, pratiques sociales et reconnaissance symbolique, centres et marges des espaces culturels européens. Une attention particulière sera accordée aux réseaux des femmes qui écrivent et produisent hors du canon, à l’échelle nationale et transnationale.

Le colloque entend en effet expliciter les échelles d’analyse mobilisées – locales, nationales et transnationales – et la manière dont elles s’articulent. Les trajectoires individuelles et les pratiques culturelles envisagées s’inscrivent dans des configurations multiples : réseaux urbains ou curiaux, circulations italiennes internes, mais aussi espaces européens plus vastes (diplomatiques, artistiques, éditoriaux). L’enjeu sera de penser conjointement ces différentes échelles sans les hiérarchiser, afin de restituer la complexité des circulations et des transferts culturels.

Avant tout littéraire et comparatiste, la démarche critique du colloque s’appuiera sur des méthodes pluridisciplinaires qui mobilisent notamment les études italiennes, l’esthétique, l’histoire culturelle, l’histoire de l’art, du spectacle et de la musique. Seront privilégiées les propositions à visée synthétique ou fondées sur des corpus pluriels. Dans cette optique, les monographies sur telle ou telle figure sont bienvenues dès lors qu’elles s’inscrivent dans une perspective problématisée et comparatiste, et qu’elles permettent d’éclairer des configurations plus larges. Les contributions des jeunes chercheurs et chercheuses sont encouragées.

 

Axes et thématiques


  1. Écritures non canoniques et pratiques du quotidien


Correspondances, journaux, Mémoires, écrits pédagogiques ou spirituels : ces formes parfois reléguées au second plan constituent pourtant des lieux essentiels d’élaboration du littéraire. On pourra interroger les frontières entre public et privé, entre écritures ordinaires et légitimation culturelle, ainsi que les conditions matérielles de production, de circulation et de conservation de ces textes.

  1. Stratégies de légitimation, réceptions et redéfinition du canon


Dans un contexte d’accès contraint à l’auctorialité, les femmes développent des stratégies de légitimation qui passent par la mise en scène de soi, ou encore des formes indirectes de reconnaissance. Cet axe thématique propose d’analyser conjointement ces stratégies et les modalités de réception (critique, médiatique, historiographique), afin d’interroger les mécanismes d’inclusion et d’exclusion qui structurent le canon et ses marges.

  1. Sociabilités, réseaux et espaces du littéraire


Les espaces de sociabilité (salons, cours, théâtres, cafés-concerts, académies informelles, cercles diplomatiques, circuits éditoriaux) constituent des lieux privilégiés de production et de circulation du littéraire. Investis par des femmes issues d’espaces et de milieux divers, ils reposent sur des pratiques relationnelles qui contribuent à l’élaboration des normes esthétiques et à la construction des réputations. On pourra interroger les formes d’autorité spécifiques qui s’y déploient, à l’échelle de la péninsule, mais aussi européenne, à travers les différents siècles étudiés.

  1. Oralité, performance et formes incarnées du littéraire


Au-delà de l’écrit, le littéraire se manifeste dans les pratiques performatives : lecture à voix haute, chant, récitation, improvisation, déclamation. Ces formes, qui engagent la voix et le corps, constituent des modes d’accès au littéraire et de légitimation publique pour les femmes. On s’intéressera à leurs conditions de production et de réception, ainsi qu’aux tensions entre performance éphémère et transmission stable, entre visibilité et marginalisation.

 

Informations pratiques

– Les communications ne devront pas excéder 20 minutes.
– Les interventions pourront être présentées en français ou en italien.

Modalités de soumission

Les propositions de communication doivent être envoyées à sidonie.pinero@univ-tours.fr et malo.maleszka@univ-lyon2.fr avant le 12 septembre 2026.

Les propositions devront comporter le titre de la communication, d’un résumé (300 mots environ) ainsi que d’une brève notice bio-bibliographique (100 mots environ).

 

Comité d’organisation         


Sidonie Pinero, doctorante en littérature comparée en cotutelle entre l’Université de Tours (CESR) et La Sapienza Università di Roma.

Malo Maleszka, doctorant en littérature comparée à l’Université Lumière Lyon 2 (IHRIM) et à l’Université Jean Moulin Lyon 3.

 

Comité scientifique

Delphine Denis (Sorbonne Université, STIH)

Marie Fabre (ENS de Lyon, Triangle)

Laura Fournier (Université Grenoble Alpes, LUHCIE)

Céline Frigau Manning (Lyon 3, IHRIM)

Anne-Madeleine Goulet (CNRS, CESR)

Johnny L. Bertolio (Università degli Studi di Torino)

Valentina Ponzetto (Université de Lausanne)

Silvia Tatti (Università degli Studi di Roma La Sapienza)

 

Calendrier

Date limite d’envoi des propositions : 11 septembre 2026 à 23h59

Réponse du comité d’organisation : 6 novembre 2026

Tenue du colloque : les 6 et 7 avril 2027
: Malo Maleszka et Sidonie Pinero