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Argument de l’atelier « Littérature et psychanalyse », année 2026-2027. L’artifice poétique, miroir des embrouilles du sujet
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Argument de l’atelier « Littérature et psychanalyse », année 2026-2027.


L’artifice poétique, miroir des embrouilles du sujet


« Jamais nous ne sommes davantage privés de protection contre la souffrance que lorsque nous aimons, jamais nous ne sommes davantage dans le malheur et dans le sentiment d’impuissance que lorsque nous avons perdu l’objet aimé ou son amour. » Freud aurait pu être l’auteur de cette analyse qui rappelle les propos de son essai sur Le Narcissisme ou encore ceux de Deuil et mélancolie. Mais c’est Proust qui l’a écrite dans les conclusions de La Prisonnière et Albertine disparue, comme s’il y avait une parenté des esprits entre le psychanalyste et l’écrivain[1]. L’écrivain est un allié et un témoin pour Freud. Le psychanalyste affirme que l’écrivain sait ce qui ne relève pas de la science, autrement dit le savoir de l’inconscient. Lacan fait un pas supplémentaire : « Je soutiens, et je soutiendrai sans ambiguïté – et, ce faisant, je pense être dans la ligne de Freud – que les créations poétiques engendrent, plus qu’elles ne les reflètent les créations psychologiques[2]. » En effet, c’est la lecture des poèmes de Goethe qui a décidé Freud à se lancer dans les études médicales . En outre, Freud n’a jamais aussi bien élaboré ses théories que lorsqu’il a travaillé à partir des écrits de Schreber.


Notre atelier entend montrer qu’il est fructueux de faire dialoguer la littérature et la psychanalyse. On pourrait objecter que faire une psychanalyse ce n’est pas réaliser une étude littéraire. Mais ce serait oublier que, dans les deux pratiques, l’art d’interpréter un poème – qu’il soit texte ou sujet – est au cœur du processus. L’atelier « Psychanalyse et Littérature » étudie les textes des grands écrivains qui font avancer l’élaboration des notions psychanalytiques, autrement dit la compréhension de l'individu et de la société. La lecture par Lacan de grands écrivains du XIXe et du XXe siècles – en particulier Chateaubriand, Nerval, Proust et Philippe Forest - nous permettra de réfléchir au thème de l'année « Les artifices de l’intelligence (IA) et les embrouilles du sujet », prouvant ainsi non seulement l’actualité mais aussi la nécessité de la démarche de la psychanalyse appliquée à la littérature.


L’atelier est coanimé par Claudine Biefnot, psychanalyste et Sibylle Guipaud, psychanalyste, agrégée de Lettres modernes, docteure en Langue et littérature françaises, qualifiée aux fonctions de MCF section 09. Quatre ateliers dans l’année par Zoom de 20h à 21h45 : 14 octobre 2026, 25 novembre 2026, 14 avril 2027, 12 mai 2027. Renseignements et inscription auprès du Docteur Brigitte Lemonnier joignable par mail à l’adresse blemonnier1@club-internet.fr  .


[1] Proust cité par Jean-Yves Tadié, Le lac inconnu, Gallimard, 2012, p.124.

[2] Jacques LACAN, Le Séminaire, Livre VI, Le Désir et son interprétation [1958-1959], Paris, Éditions de la Martinière, 2013, p. 295-296.

 
: Sibylle Guipaud