appel

AàC, 40e congrès de la SFLGC : “Nouveaux mondes, nouveaux romans ? ” pour le 30/4
Nouveaux mondes, nouveaux romans ?

NB : English version below / nouveau texte d'appel



XLe congrès de la Société Française de Littérature Générale et comparée

26-27-28 novembre 2015

organisé par la section de Littérature comparée du Centre de Recherches sur le Roman et le Romanesque

- C.E.R.C.L.L. – EA 4283

à l’Université de Picardie-Jules Verne (Pôle Cathédrale) et au Logis du Roy (Amiens)

Nouveaux mondes, nouveaux romans ?

Comité scientifique : Mmes Anne Duprat, Marie-Françoise Montaubin, Marie-Françoise Lemonnier-Delpy, professeurs à l’Université de Picardie-Jules Verne. Mme Catherine Grall, MM. Carlo Arcuri, Christian Michel et Olivier Kachler, MCF à l’UPJV; Mme Irène Gayraud, ATER à l’UPJV. Mme le professeur F. Lavocat, présidente de la SFLGC.

Invité officiel du Congrès : Société Britannique de Littérature Comparée /British Comparative Literature Association

Conférences plénières de Marina Warner (DBE, All Souls College), Matthew Reynolds (St Anne’s College, Oxford), Thomas Pavel (University of Chicago), Antoine Volodine.

Argumentaire :

Nouveaux mondes, nouveaux romans ? En interrogeant le lien qui unit la création narrative avec la perception du nouveau, le Centre de Recherches sur le Roman et le Romanesque de l’Université de Picardie-Jules Verne propose de centrer les réflexions du 40e congrès de la SFLGC sur l’émergence comme phénomène littéraire à part entière, telle qu’elle se manifeste depuis les origines hellénistiques du genre jusqu’à ses développements les plus contemporains, aussi bien dans l’adaptation des formes romanesques aux changements du monde, que dans l’invention par le roman lui-même de nouvelles formes de monde.

Il s’agira certes de penser ou de repenser la capacité plurimillénaire du récit à dire un état de choses perçu (qu’il soit actualisé ou non), à le décrire, à l’animer et à le motiver, à en susciter d’autres, ou à les faire disparaître. Mais on invite aussi à une réflexion comparatiste sur la vocation même du roman à projeter ainsi des mondes, et sur l’évolution de cette mission attribuée au récit romanesque, comme le suggère l’évocation dans le titre du congrès de l’aventure du nouveau roman en France. Symétriquement, on pourra s’intéresser à cette illusion rétrospective par laquelle le nouveau roman s’invente en s’opposant à un « ancien monde », celui du « réalisme balzacien », largement artefactuel. Enfin, on interrogera également la capacité du monde à modifier de son côté le devenir du roman.

Il s’agira ainsi de préciser la notion de « nouveauté », entre

— rejet de

- ou rupture radicale avec les mondes de références anciens, (dé)passés, ou définis comme tels (mais aussi leur persistance sous forme de traces dans les nouveaux romans, comme modèles repoussoirs, scories, ruines, etc.),

— transformation/évolution/adaptation d’une forme à laquelle il convient de donner une nouvelle jeunesse, ou un nouvel élan,

— et enfin retour en amont vers des formes oubliées, reléguées ou marginales, l’évolution vers une nouvelle forme ou une nouvelle esthétique pouvant aussi être étudiée par le détour de sa théorisation dans des écrits théoriques ou par la fiction elle-même.

Les communications proposées pourraient se répartir notamment, mais non exclusivement, sur les trois axes suivants.

Axes proposés :

I. Reflets

a. Nouveaux espaces, nouveaux romans ?

b. Modernités du roman

c. Nouveaux espaces et décentrements

…

Un premier ensemble pourrait accueillir des mises au point synthétiques, mais aussi des études de cas partant des modèles critiques (historicistes, sociocritiques, marxistes) qui établissent une relation entre l’émergence d’un nouvel état de la société et le fait littéraire, conçu comme conséquence, effet, reflet, traduction, transposition, analogon, etc. de celui-ci.

On pourra ainsi retravailler le rapport de causalité qui a toujours existé entre le monde et son/ses roman(s), ou choisir d’envisager plutôt la construction conjointe de la réalité et de sa représentation, ainsi que les effets de décalage (anticipation/rétrospection/rétroaction) entre l’émergence d’un monde nouveau et sa transposition dans le monde du roman. Au-delà de la question de la représentation spécifique dans le roman de mutations socio-économiques, la réflexion pourra prendra en compte toutes les transformations de l’expérience subjective, sensible, intellectuelle et esthétique : découverte de nouveaux mondes, de nouvelles représentations du monde, de nouveaux genres, écritures, arts, etc.

L’attention se portera plus particulièrement sur les modalités d’articulation entre l’apparition d’un monde nouveau et sa représentation par le roman. Les a priori épistémologiques que ce type de perspective suppose (théories de la rupture, de la révolution esthétique et formelle, du changement de paradigme, etc.) pourront ainsi être interrogés, tant du côté du monde représenté que des modes de représentation. La question du genre, et celle de la solidarité entre la nature du monde émergent et la forme spécifique des romans censés représenter ce monde feront partie des objets possibles de ces études.

De même, la spécificité du roman comme instrument heuristique de connaissance du monde pourra fera l’objet d’une réflexion, tant représentation et élucidation se laissent difficilement distinguer.

II. Projections

Le roman, fabrique de mondes nouveaux
Innovation romanesque et théorie de la fiction
Mondes possibles du roman

Le roman ne se limite pas à donner forme littéraire à un déjà donné, ou déjà perçu, il possède aussi la capacité de mettre en scène des mondes nouveaux, parallèles, alternatifs ou possibles (utopies, dystopies, Ur-chronie, etc.).

L’étude des relations entre roman et imagination trouvent ainsi leur place dans cet axe, comme les analyses qui s’attacheront à la capacité d’invention du roman, dans la mesure où celui-ci sert la mise en scène du non advenu (anticipation), de l’impossible (merveilleux), du difficilement dicible (témoignage et mémoire), etc.

Mais le roman possède aussi une force intrinsèque de reconfiguration, dont la nature et les effets restent à préciser, qui permet la transformation, effective, souhaitée ou rêvée, du monde et/ou des sensibilités. Enfin, l’émergence de nouvelles formes de narration (micro-fictions, new journalism, novélisations, etc.) n’est pas sans transformer, par effet de rétrospection, les formes anciennes, dont le sens se voit alors redéfini.

III. Métamorphoses / Transformations

a. Terrains/formes en émergence

b. Le roman par lui-même

c. Après le roman ?

Malléable, polymorphe, polyphonique, le roman semble être le genre privilégié non seulement de l’exploration de nouveaux mondes, connus, inconnus ou à découvrir — et l’on songe aux littératures en émergence, mais aussi aux reconfigurations post-coloniales du rapport entre littérature et géographie.

Il est aussi le lieu privilégié d’une pensée de ses propres transformations. On accueillera donc ici les études consacrées aux formes narratives voisines qui ont pu participer, et participent de plus en plus à cette reformation permanente du romanesque (micro-fiction, nouvelles, écritures scéniques, roman graphique, etc.)

Vu par lui-même, le roman se donne comme un monde, et se vit comme tel ; longtemps vécue comme une force, cette capacité d’auto-représentation menace-t-elle l’existence du roman, lorsqu’elle est remise en cause par la fragilité même des mondes projetés ?

La mort du roman et les formes possibles de sa continuelle renaissance/résurrection/réinvention, ses mutations, son hybridation, mais aussi ses interrogations propres sur son histoire, son devenir, ses fins, sa fin, etc. pourront faire l’objet d’études qui s’intéresseront aussi aux genres et arts avec lesquels il entre en résonance, qu’il intègre, ou par rapport auxquels il se définit, positivement ou négativement.

Les propositions de communications pourront parvenir au comité scientifique du colloque jusqu’au 30 avril 2015 (anne.duprat@u-picardie.fr).

Les propositions d’ateliers (Workshops) devront parvenir au comité pour le 15 avril 2015.

Contact administratif : Secrétariat du CERR-CERCLL, Université de Picardie-Jules-Verne : marie-france.thibaut@u-picardie.fr

----------------------------------

40th Annual Congress of the French General and Comparative Literature Association/ Société Française de Littérature Générale et Comparée

26–28 November 2015

organised by the Comparative Literature section of the Centre de Recherches sur le Roman et le Romanesque (CERR

- CERCLL) – EA 4283

Location: Université de Picardie-Jules Verne (Pôle Cathédrale) and Logis du Roy, Amiens

Nouveaux mondes, nouveaux romans? / New worlds, new novels?

Scientific committee: Anne Duprat, Marie-Françoise Montaubin, Marie-Françoise Lemonnier-Delpy, Catherine Grall, Carlo Arcuri, Christian Michel, Olivier Kachler, Irène Gayraud, and F. Lavocat, president of the French General and Comparative Literature Association.

Official Guest : British Comparative Literature Association (President Pr. Marina Warner)

Plenary Conferences by Thomas Pavel, Antoine Volodine, Matthew Reynolds.

Call for papers

New worlds, new novels? By exploring the connection between narrative creation and the perception of the new, the Centre for Research into the Novel and Novelistic Fiction of the Université de Picardie-Jules Verne will centre the 40th congress of the French General and Comparative Literature Association around the notion of emergence as a literary phenomenon unto itself. We will examine how it is manifested throughout the history of the genre of the novel, from its Hellenistic origins to its most contemporary developments – both in the adaptation of novelistic forms to real-world changes and in the novel’s invention of new worlds.

This exploration will involve an analysis, or rethinking, of the long-established capacity of narratives to declare, describe, animate and explain perceived states of affairs (however much or little these are based on reality), as well as to conjure up or extinguish others. Beyond this, however, we also invite comparative reflections on the vocation of the novel to imagine and project worlds, and on the evolution of this aim which is attributed to novelistic narratives, as suggested by the evocation of the journey of the French nouveau roman in the title of this congress. In contrast to this, participants might also consider the retrospective illusion via which the nouveau roman was conceived in opposition to the ‘old world’ of Balzacian realism, a realism which was largely artifactual. Of equal interest to the topic at hand is the ability of the world as it is perceived to itself modify the nature of the novel, whether by stretching the horizons of the latter towards the infinite via the perception of an ever-expanding universe, or by concentrating it into micro-fictions or diluting it into the many connected and neighbouring forms of narration in existence.

Finally, we hope to obtain a more precise definition of ‘novelty’, taking into account:

— the rejection of, or the radical rupture with, the world of ancient or outdated references, or those defined as such (but also their persistence in the nouveau roman in the form of traces, counter-examples, fragments, ruins, etc.);

— the transformation, evolution and adaptation of forms which merit being given a new lease of life; `

— and the recourse to forgotten, relegated or marginal forms, or the evolution of new forms or aesthetics which can also be studied via their theorization in theoretical writing or via fiction itself.

Papers submitted to the conference might focus in particular, but not necessarily exclusively, on the three areas below.

Suggested areas of study:

I. Reflections

a. New spaces, new novels?

b. Modern and post-modern features of the novel

c. New spaces and processes of uncentring

…

Papers within this first category could present overviews of the topic, or case studies built around the schools of analysis (e.g. historicism, socio-criticism, Marxism) which establish a link between the emergence of new societal states and literary works themselves, which are conceived as consequences, effects, reflections, translations, transpositions, analogies (etc.) of the former.

The causal relationship which has always existed between the world and its novel(s) may thus be re-examined; or, indeed, one might instead describe a simultaneous, joint construction of reality and its representation, and explore the time-delay effects (foreshadowing, retrospection, retroaction, etc.) between the emergence of new worlds and their transposition into the world of the novel. Beyond the specific question of the novelistic representation of socio-economic changes, papers in this category could reflect on all the various transformations of the subjective, sensory, intellectual and aesthetic experience contained within the discovery of new worlds, new representations of the world, or indeed new genres, arts, forms of writing, etc.

It will be worth paying particular attention to the manners in which the appearance of new worlds and their representation in the novel are distinguished. The epistemological suppositions implied by this perspective – theories of rupture, aesthetic or formal revolution, paradigm shifts, etc. – may thus be brought into question, both with regard to the world being represented and to the modes of representation being used. The question of genre, and of cohesion between the nature of the newly emerging world and the specific form of those novels intended to represent it, may also be a fruitful one for studies within this category; as may be the specific function of the novel as a heuristic tool used to obtain knowledge of the world, in that representation and elucidation are often difficult to distinguish.

II. Projections

The novel as a creator of new worlds
Innovation in novels and the theory of fiction
The possible worlds of the novel

The novel is not only able to provide a literary form to that which already exists or is already perceived: it can also illustrate parallel, alternative or potential worlds (utopia, dystopia, Ur-chronie, etc.), allowing it to displace, and make more complex, the juncture between the real and the fictional.

In parallel to this, papers in this section might investigate the relationship between creation within novels and the perception of the world, as well as the novel’s capacity to create new worlds thanks to its specific generic characteristics and modes of expression.

We are calling here, on the one hand, for an exploration of theories of reception, and more broadly, studies of the relationship between the novel and the imagination; and on the other hand, for analyses of the novel’s capacity for invention and for illustrating that which is yet to come (foreshadowing), that which is not possible (the fantastic), that which is difficult to express (personal accounts, memoirs), etc.

In addition, the novel has an intrinsic reconfigurational force whose nature and effects are not yet well defined, and which can enable the transformation – whether real, desired or imagined – of the world and/or of the sensitivities of those within it.

Finally, papers might examine how the emergence of new forms inevitably transforms older forms via retrospection, and how these older forms become redefined in the light of this novelty.

III. Metamorphoses and transformations

a. Emerging landscapes and forms

b. The state of the novel itself

c. After the novel: what next?

Malleable, polymorphous, polyphonic: the novel seems not only to be the genre par excellence for the exploration of new worlds, both known and unknown, or yet to discover (we refer in particular here both to emerging forms of writing and to the post-colonial reconfiguration of the relationship between literature and geography), but also the principal space in which the novel itself is reconfigured. We therefore welcome studies on related narrative forms which have participated, and continue to participate (to an increasing extent), to this permanent redefinition of the novelistic: micro-fiction, short stories, scenic writing, graphic novels, etc.

Considered in its own right, the novel presents itself as a world, and can be experienced as such. Whilst this has for a long time been seen as one of its strengths, might this capacity for self-representation threaten the existence of the novel, as it is brought into question by the fragility of the very worlds that it imagines?

The death of the novel and the potential forms that may be taken by its renaissance, resurrection or reinvention, its mutations or its reformation into hybrids – as well as the questions surrounding its history, its future, its aims, its end, etc. – may present a topic worthy of consideration for studies that also explore the genres and arts with which the novel resonates, those which it integrates, or those in relation to which it defines itself, either positively or negatively.

The languages of the Congress are French and English.

Proposals for papers and/or workshops should be sent to the scientific committee. Deadline: 30 April 2015. Email: Anne Duprat anne.duprat@u-picardie.fr, Catherine Grall grallthecat@gmail.com, and Christian Michel chmichel@free.fr.

For administrative queries or issues: email the CERCLL secretariat at the University of Picardy Jules Verne: marie-france.thibaut@u-picardie.fr